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Que
faut-il penser des oméga 3 ?
Type
: extrait
d'interview, avril 06, extrait paru dans
'Pour
la Science', interview
complète prochainement dispo sur Radiofrance.
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Que
faut-il penser des oméga 3 ?
- Jean-Marie Bourre - membre de l’Académie de médecine, est directeur de recherche dans l’unité INSERM U 705, CNRS UMR 7157, à l’Hôpital Fernand Widal, à Paris. Les oméga 3, des acides gras contenus dans certains aliments, par exemple l’huile d’olive, de colza ou de poisson, ont le vent en poupe. Est-ce seulement un effet de mode ? Ont-ils un effet préventif vis-à-vis de certaines pathologies ? Comment agissent-ils ? Le chimiste et médecin Jean-Marie Bourre répond : indispensables au bon fonctionnement de l’organisme, les oméga 3 ne sont pas une panacée universelle. Extrait de l'interview : Pour la Science : Les personnes qui suivent le régime crétois riche en fruits, en légumes et en huile d’olive ont moins de maladies cardio-vasculaires que la moyenne des habitants des pays industrialisés et une espérance de vie supérieure. Sait-on pourquoi ? Jean-Marie Bourre : Au début des années 1990, les nutritionnistes conseillaient, pour rester en bonne santé, de minimiser la consommation des graisses et de l’huile et de privilégier des aliments riches en glucides complexes, par exemple le pain, les céréales, le riz, les pâtes. Il fallait manger beaucoup de fruits, de légumes, de produits laitiers, de viandes rouges, de volailles, de poissons, de noix, d’œufs, etc. Depuis ils sont revenus sur certaines de ces recommandations, notamment sur celle qui consistait à recommander les glucides complexes et à renoncer aux graisses : les acides gras ne sont pas tous nocifs et les glucides complexes pas tous bons pour la santé. Aujourd’hui le régime crétois est effectivement un modèle ; il comporte une grande quantité d’huile d’olive, riche en acides gras mono-insaturés, et beaucoup de poisson, lequel contient des acides gras poly-insaturés oméga 3. En fait, dans l’alimentation, on distingue trois grandes classes d’aliments : les glucides (les sucres), les lipides (ou graisses) et les protides (les protéines). Les lipides contiennent ce que l’on nomme des acides gras. Quand une graisse contient surtout des acides gras saturés (chaque atome de carbone a quatre voisins et ne peut établir davantage de liaisons), elle est dite saturée. Inversement si les acides gras sont insaturés (certains atomes de carbone présentent des liaisons insaturées, c’est-à-dire qui peuvent réagir), la graisse est dite insaturée. Le rancissement est une réaction bien connue des liaisons insaturées contenues dans les graisses : ces liaisons sont oxydées. Une graisse saturée peut rester des années à l’air libre, sans jamais s’oxyder, tandis que l’huile de colza, par exemple, qui est très insaturée, est oxydable et rancit très rapidement. [...] - J.-M. Bourre, La vérité sur les oméga 3, Odile Jacob, 2004. - J.-M. Bourre, Diététique du cerveau, La nouvelle donne, Odile Jacob, 2003. Ce texte est un résumé d’une conférence que Jean-Marie Bourre a donnée au Palais de la Découverte. Le texte intégral de la conférence sera en ligne sur le site de France Culture (http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture/sommaire/) durant le mois d’avril 2006. |